Paul Bogaert, directeur du Relais Montmartre et du Relais Saint Honoré
• 10 oct, 2007 • Catégorie: On en parle beaucoup •Depuis 1970, date de sa première expérience dans l’hôtellerie, comme réceptionniste à l’Hôtel Edouard VII à Paris, Paul Bogaert a contribué à la création d’une quinzaine d’hôtels à Paris et en région parisienne. L’ouverture au printemps 2008 du Relais Madeleine, dans le 9ème arrondissement, est son prochain challenge. Récit d’un hôtelier infatigable.

« J’entre à l’Ecole Hôtelière de Paris à l’âge de 17 ans. Suivent trois années d’études au cours desquelles je fais mes armes en cuisine, en salle et à la réception. A cette époque, une expérience polyvalente est incontournable. Cela m’ouvre les portes des grandes maisons, l’Hôtel Littré à Montparnasse puis La Tour d’Argent, où j’apprends beaucoup sur la discipline et l’exigence de cette profession. Je me souviens par exemple des nombreuses heures de préparation requises par le fameux soufflé aux framboises que l’on servait chaque jour à André Malraux, lequel n’en goûtait jamais plus d’une cuillère!
En 3ème année, grâce à ma double culture française et britannique, je pars aux Etats-Unis pour travailler dans un hôtel haut de gamme de style colonial qui veut se doter d’une « french touch ». Major de ma promotion, je suis choisi pour représenter l’école auprès de la Maison Bols, fabricant de la célèbre liqueur hollandaise du 16ème siècle.
Mon diplôme en poche, je m’oriente vers l’administration hôtelière. Je suis cependant peu attiré par les grandes chaînes, où il est plus difficile d’être en contact avec la clientèle. J’obtiens mon premier engagement à l’Hôtel Edouard VII à Paris, où les codes sont très stricts. Je découvre avec fascination l’hôtellerie haut de gamme qui me permet de côtoyer une clientèle raffinée et cultivée et de grands artistes comme le chef d’orchestre Rostropovitch.
Dans les années 70, l’hôtellerie de chaîne connaît un développement considérable. Je décide de rejoindre la chaîne Novotel qui m’offre une opportunité intéressante pour progresser rapidement et me familiariser avec les procédures très normées mises en place par les chaînes pour gérer un établissement hôtelier.
Au cours de la décennie qui suit, je collabore à divers projets hôteliers. Je suis engagé par la chaîne Campanile (filiale du groupe Concorde) pour piloter le développement d’une vingtaine d’hôtels à Paris et en région parisienne. Le premier hôtel Campanile ouvre Place Pigalle avec 84 chambres. Pour moi, le challenge consiste à le remplir. En deux ans, nous obtenons un taux de remplissage de 75% ! Ce succès me vaut d’être nommé comme bras droit du propriétaire des fonds de commerce de la chaîne qui me confie la direction d’exploitation de sept hôtels avec 500 chambres au total.
Fin des années 80, ma rencontre avec Roger Thiery marque un tournant dans ma carrière. Il a l’idée originale de créer des hôtels de charme 3 étoiles situés dans des emplacements choisis en plein cœur de Paris et dont la décoration est confiée à un professionnel. Nous ouvrons le Relais du Louvre en 1991. Le développement est freiné par la Guerre du Golfe et il faudra attendre une dizaine d’années pour reprendre le projet avec M. Thiery. Dans l’intervalle, je crée un concept d’hôtel sur l’aviation à Vélizy puis dirige la rénovation d’une chaîne de motels sur la Francilienne.
Je suis rappelé par Roger Thiery au début des années 2000 pour ouvrir et prendre en charge le Relais Saint Honoré, situé sur la célèbre artère du même nom. Le concept de l’hôtel – une pension de famille de luxe - est innovant et proche de ma culture franco-britannique. Nous misons sur l’accueil personnalisé pour attirer et fidéliser la clientèle haut de gamme, en particulier grâce à notre conciergerie qui va au-delà des services traditionnels, ce qui nous permet de nouer des relations conviviales avec la clientèle.
Le Relais Saint Honoré est un établissement pionnier. Il est l’un des tout premiers à proposer une véritable alternative aux hôtels de chaînes et aux palaces. La clientèle touristique et d’affaires découvre avant l’heure l’esprit « boutique hôtel » qui séduit déjà outre-manche. L’emplacement privilégié en plein centre ville, le nombre limité des chambres, le grand soin porté à la décoration et l’atmosphère intime annoncent les valeurs de l’hôtellerie contemporaine de luxe. Le succès du Relais Saint Honoré est immédiat. Suit le Relais Montmartre en 2005.
L’ouverture du Relais Madeleine au printemps 2008 est mon prochain challenge. Idéalement situé entre la Madeleine et l’Opéra, il offrira 24 chambres confortables avec le même esprit déco « cosy british » qui fait notre style. La nouveauté de ce 4ème opus consiste en une magnifique suite au 6ème étage, avec sauna et jacuzzi. Un véritable plus pour répondre à la tendance « bien-être » qui guide aujourd’hui les choix de la clientèle urbaine haut de gamme !
Le Relais Madeleine est ma quinzième ouverture d’hôtel. Le métier d’hôtelier est exigeant, il nécessite de la discipline, de l’organisation et de la disponibilité. Mais c’est aussi un métier profondément humain qui demande des qualités relationnelles et de l’engagement. »
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